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Le Rafale opérationnel mais sans clientèle

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Pour son avion de combat, Dassault n'a toujours pas de contrat à l'exportation.

Publié le 29/06/2004 à 1h14

Landivisiau (Finistère), envoyé spécial.

Dix-huit ans ! Le Rafale est enfin majeur. Au son des binious et du rugissement des réacteurs, l'avion de combat de Dassault a été déclaré «opérationnel», vendredi, sur la base aéronavale de Landivisiau (Finistère). Or le prototype de ce nouveau chasseur avait effectué son premier vol le 4 juillet... 1986. Dix-huit ans, alors qu'il n'en avait fallu que cinq pour le Mirage III, à la fin des années 50. Le Rafale aurait dû entrer en service en 1996. Cette dérive s'explique d'abord par le coût du programme, trop élevé pour le budget de la Défense. Mais également par des difficultés de mise au point.

En matière d'aviation militaire, les chiffres donnent le vertige. Un Rafale coûte près de 100 millions d'euros. Et l'heure de vol revient à 30 000 euros. Charles Edelstenne, le PDG de Dassault Aviation, estime que cela reste «raisonnable». «Pour l'acquisition de 294 avions, ce programme aura coûté à la nation 26 milliards d'euros, sur trente ans», explique-t-il. Le ministère de la Défense avance le chiffre de 33 milliards, mais c'est un prix toutes taxes comprises car la Défense paye la TVA sur les équipements qu'elle achète.

Défauts de conception. Très cher, mais moins que l'Eurofighter, le grand concurrent européen, proposé par EADS. Britanniques, Allemands, Italiens et Espagnols ­ qui se sont associés pour construire cet appareil ­ s'en mordent les doigts. Non seulement l'Eurofighter est 50 % plus cher que le Rafale, mais il est encore loin d'

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