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L'internationale syndicale en butte aux multinationales

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Barrières de langue, différences entre les pratiques: l'organisation d'actions internationales s'avère difficile.

Publié le 12/07/2004 à 1h25

Des syndicalistes américains qui s'invitent à l'assemblée générale de Saint-Gobain, en 2003, pour dénoncer leurs conditions de travail et de salaire. Des Coréens de Daewoo qui viennent en France rencontrer leurs homologues pour les alerter de la faillite possible du groupe, et pour lancer les poursuites contre leur patron en fuite. Des représentants de PPR (Pinault Printemps Redoute) à Paris contre la discrimination syndicale. Des Français en Pologne à la rencontre des ouvriers qui bénéficient de leur travail après une délocalisation... En quelques années, l'action syndicale s'est mondialisée. A tous petits pas, avec difficultés. Mais «c'est la condition pour répliquer aux multinationales», explique un responsable CGT. Chez Michelin, depuis plusieurs années, les syndicats se sont inquiétés de menaces de mort qui pèsent sur des collègues colombiens, ou asiatiques. La CGT a ferraillé contre la direction au sujet du travail des enfants dans les plantations d'hévéas du groupe. Sans résultat, sinon des bonnes paroles. «On aimerait avoir les moyens d'aller contrôler sur place, dit la CGT. Mais on ne peut jamais visiter les usines.» Seul le secrétaire du comité d'entreprise européen voyage un peu. «Je ne vois rien, dit Jean Barrat, de la CFDT. On me montre ce qu'on veut me montrer. Et l'accès aux organisations syndicales est très difficile.» Barrière de la langue, méconnaissance des législations locales et surtout différences entre les pratiques syndicales compliquent l'organisatio

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