Pris la main dans le sac, Jean-Pierre Raffarin n'a pas voulu réagir personnellement hier seul Matignon s'est fendu d'un communiqué après avoir pris connaissance de la censure du Conseil constitutionnel à l'encontre de l'article du projet de réforme d'EDF supprimant la limite d'âge de 65 ans pour les présidents d'entreprise publique. Une disposition difficile à avaler par les sages, tant la ficelle était grosse. Dans la nuit du 8 au 9 juillet, en plein débat au Sénat, le ministre délégué à l'Industrie, Patrick Devedjian, avait annoncé que le gouvernement voulait faire passer cet amendement... «à la demande expresse du Premier ministre». Jean-Pierre Raffarin souhaitait offrir cette petite gâterie à son ancien ministre de l'Economie, Francis Mer, 65 ans depuis le 25 mai. Son successeur à Bercy, Nicolas Sarkozy, avait refusé d'endosser la responsabilité d'une mesure qu'il savait «juridiquement risquée», assurait hier l'un de ses proches.
Le PS avait dénoncé cet «amendement passe-droit qui va permettre au très libéral Francis Mer d'être nommé à la tête d'EDF : c'est un mauvais tour de passe-passe de l'UMP pour recaser les siens au détriment du service public». Juste avant de partir en vacances, le Premier ministre s'était mollement défendu, prétendant que cet amendement «n'était, en aucune façon, lié à une personne». Il a également démenti vouloir faire de Jean-François Cirelli, directeur adjoint de son cabinet, le n° 2 d'EDF.
Si elle ne porte pas sur le fond (lire ci-contre),




