Strasbourg de notre correspondant
Officiellement, les 167 salariés de l'usine Ronal de Saint-Avold (Moselle) ont repris le travail hier, après trois semaines de congé. Dans les faits, l'activité a cessé : plus de matière première pour fabriquer les roues en aluminium destinées à l'industrie automobile. Ronal France, placé en redressement judiciaire le 6 juillet, est paralysé après trois mois d'un conflit complexe, né de la volonté de la direction de transférer dans une usine polonaise du groupe une quarantaine de moules de production. Craignant une délocalisation, l'intersyndicale (CGT, CFTC et CFE-CGC) s'y est opposée et a organisé une expédition en Pologne pour faire entendre sa cause (Libération du 21 juin). Depuis, les discussions sont au point mort.
Les salariés réclament, en vain pour le moment, un «vrai plan social assorti d'indemnités extra-légales». Ils occupent l'usine et espèrent pouvoir vendre le stock de roues, dont la valeur est estimée à 6 millions d'euros. Demain, ils seront en Allemagne où Ronal possède une autre usine pour une conférence de presse commune avec le grand syndicat de la métallurgie IG Metall. Un second voyage en Pologne n'est pas exclu. «S'il le faut, on campera devant l'usine», prévient Me Ralph Blindauer, l'avocat des salariés, qui ne cesse d'aiguillonner leur mobilisation.
Estimant que la cessation de paiement de la filiale française du groupe a été sciemment organisée, l'avocat a déposé, en Suisse où se trouve le siège du groupe, une plai




