Washington de notre correspondant
La reprise économique américaine constatée en 2003 n'est pas un joyeux feu d'artifice : non seulement elle crée peu d'emplois et des emplois bien moins payés que ceux qui ont disparu pendant la récession de 2001 mais elle s'accompagne d'une montée de la pauvreté. Selon les chiffres publiés hier par le Census Bureau, le nombre de pauvres a grimpé de 1,3 million l'an dernier, pour atteindre près de 35,9 millions de personnes. C'est la troisième année de suite que la pauvreté s'accroît. Au total, 12,5 % de la population américaine vit désormais sous le seuil de pauvreté (1) contre 12,1 % un an plus tôt et 11,3 % en 2000. La part des mineurs touchés est passée de 16,7 % à 17,6 %. Parallèlement, constate le Census Bureau, les rangs des Américains qui ne sont pas couverts par une assurance santé ont continué à grossir : ils sont aujourd'hui 45 millions de personnes (+1,4 million), soit 15,2 % de la population. Enfin, pendant cette même année de reprise, le revenu moyen des foyers a stagné.
La progression de la pauvreté est bien supérieure à ce que prédisaient les plus pessimistes des experts. Ainsi, la semaine dernière, le CEPR (Center for Economic and Policy Research), marqué à gauche, s'attendait à une hausse de 700 000 personnes.
Ces chiffres viennent renforcer les arguments de campagne des démocrates, qui accusent George W. Bush d'avoir mené une politique économique favorable aux riches et désastreuse pour les ménages les plus modestes. Signe




