Des inspecteurs et contrôleurs du travail habillés en grand deuil, code du travail barré d’un crêpe noir à la main. Deux semaines après le meurtre de deux de leurs collègues en Dordogne, ils souhaitaient faire entendre les difficultés de leur métier et obtenir des moyens supplémentaires. Une journée d’action à l’appel de six syndicats, qui s’est achevée par une rencontre au ministère du Travail. A la sortie, les élus syndicaux se sont déclarés «déçus». Gérard Larcher, ministre des Relations du travail, tire le bilan à chaud de cette rencontre.
Le drame de Saussignac est-il révélateur d’une augmentation des actes de violence contre l’inspection du travail ?
Nous avons des statistiques sur les trois dernières années, depuis qu'a été mise en place la cellule de protection fonctionnelle. En 2002, 25 situations d'outrages, menaces ou violences ont été constatées, 37 en 2003 avec davantage de menaces et de violences, et 24 depuis le début de l'année 2004. Est-ce significatif ? De toute façon, n'y aurait-il qu'un seul cas, ce ne serait pas acceptable. Quelques jours avant ce drame, j'avais eu à connaître à Auxerre d'une autre affaire, où deux demandeurs d'emploi en situation de contrôle ont gravement violenté et molesté des agents. Le 2 septembre, j'étais en déplacement là-bas pour rencontrer les agents et voir quelles mesures envisager pour améliorer la sécurité, quand j'ai appris le drame qui venait de se produire à Saussignac.
Les inspecteurs du travail ont eu le sentimen




