Après des mois de conflit social à la dure chez Perrier, un armistice inespéré a été signé hier entre Nestlé Waters France, propriétaire de la marque depuis 1992, et la CGT, majoritaire au royaume de la petite bouteille verte à Vergèze (Gard). Pourtant, les positions des deux camps paraissaient irréconciliables : la CGT campait mordicus sur son droit d'opposition prévu par la loi Fillon, qui l'a conduite à refuser le plan massif de départs en préretraite proposé par la direction. Pour se venger de la CGT, celle-ci envisageait de se débarrasser purement et simplement de Perrier en le vendant au plus offrant, usine d'embouteillage comprise. Une décision d'autant plus menaçante que la direction du groupe suisse clamait urbi et orbi que la rentabilité de Perrier était nettement inférieure à celle des autres marques du groupe (1 % contre 9 %).
Dernière chance. La semaine dernière, Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Economie, décidait de se mêler personnellement du dossier. Histoire de relancer une négociation de la dernière chance, il convoquait presto à Bercy la direction de Nestlé Waters France. Reçue hier matin, elle est ressortie plutôt satisfaite des bureaux du ministre : la filiale du groupe suisse, numéro 1 mondial de l'eau en bouteille, s'est déclarée prête à «reprendre les discussions sur le maintien des activités de Perrier au sein du groupe, sous condition de la levée immédiate du droit d'opposition du syndicat majoritaire». Décidé à prendre un maximum de garanties pour




