A quelques semaines des élections américaines, l'administration de Washington a décidé hier de mettre le feu dans la bataille commerciale qui oppose Boeing à Airbus. Histoire de montrer que l'Amérique reste ferme face à ses grands concurrents industriels. Hier en effet, Robert Zoellick, le représentant américain pour les questions commerciales a annoncé le dépôt d'une plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), visant le versement de «subventions indues» de l'Union européenne (UE) à Airbus. Contre-attaque immédiate de la Commission de Bruxelles qui a décidé à son tour de porter plainte contre Boeing, devant l'OMC. Dans un communiqué, Robert Zoellick explique «que depuis sa création il y a trente-cinq ans, les Européens ont justifié le versement de subventions à Airbus par la nécessité de soutenir une industrie "naissante"». «Si tant est que ce raisonnement ait jamais pu se justifier, poursuit-il, il est maintenant largement dépassé. Airbus vend actuellement plus de gros avions civils que Boeing.»
Depuis juillet, les services du commissaire européen au Commerce Pascal Lamy tentent d'expliquer aux Américains qu'ils veulent bien envisager une diminution des aides versées à Airbus, mais si Washington accepte de baisser ses aides directes et indirectes à Boeing. A travers les contrats militaires. Et aussi via les aides des pays tiers. Notamment celles du Japon destinées au lancement du nouveau programme Boeing 7E7, qui s'élèverait selon l'UE à 1,6 milliard d'euros




