à Pékin
C'est à coups de ciseaux qu'Eric Costantino a entrepris de se tailler un empire chinois. Pour ce styliste-coiffeur marseillais, ancien PDG d'une chaîne de salons de coiffure, l'offensive a commencé en 1996 par un «ras-le-bol de la France» et l'envie de tout recommencer ailleurs : «J'avais 33 ans, un âge où les hommes se posent des questions.»
L'Asie l'attire : il y fera plusieurs voyages de prospection avant de décider de lancer une chaîne de salons français dans une Chine «en plein boom économique, où les initiatives individuelles sont encouragées». Plus précisément à Pékin, «par attirance de la culture, plus une analyse pragmatique des coûts de développement et des perspectives à court et moyen terme» sur un terrain encore vierge en matière de stylisme capillaire haut de gamme. Après avoir trouvé un partenaire chinois permettant de monter le joint-venture obligatoire pour opérer dans son domaine, et investi un million de dollars (820 000 euros), le premier salon Eric Paris ouvre en 1997 dans la rue commerçante de Wangfujing. Deux mois plus tard, son patron apprend que la rue va être en travaux pendant deux ans. Contraint d'émigrer en catastrophe vers un local plus modeste, Eric Costantino perd la majeure partie de son investissement mais se mue en sage chinois : «Ici, on ne lâche pas une main sans se tenir de l'autre», sourit-il.
Avant de songer à grandir, il s'occupera d'abord de survivre. Il dispose de plusieurs cartes maîtresses : une expérience dans la formation d




