Vincent Eve est arrivé en Chine de la manière la plus classique : employé pendant dix ans par le groupe Flo en France, il a été envoyé à Pékin en 1999 pour l'ouverture de sa première brasserie en Chine. Après un an à former le personnel chinois, il devient directeur de ce restaurant de luxe qui sert, aux hommes d'affaires français et chinois, des huîtres de Normandie dans un cadre Arts-Déco, comme à Paris...
Deux événements lui ont fait changer de cap : d'abord la rencontre avec une Chinoise qui deviendra sa femme, puis la crise du Sras, le virus de la pneumopathie atypique, au printemps 2003, qui menace un temps de fermeture la brasserie Flo de Pékin. «J'ai eu envie de me lancer tout seul, explique Vincent Eve, Breton de 44 ans. En France, l'idée ne m'avait pas effleuré, je travaillais pour un grand groupe. Mais en Chine, c'est dans l'ambiance de ce pays, j'y ai vu de tels changements, alors j'ai sauté le pas.»
Résultat : le drapeau de la Bretagne flotte désormais à Pékin. Le Vincent Café est une authentique crêperie bretonne installée fin 2003 dans l'enceinte d'anciennes usines reconverties en galeries d'art contemporain, à Dashanzi, à l'Est de la capitale chinoise. Adossée à une galerie singapourienne tenue par des amis, la seule et unique crêperie de Pékin connaît un beau succès et Vincent Eve espère faire des bénéfices à l'issue de sa première année d'activité.
Vincent Eve a rassemblé ses économies et, sans emprunt, a investi 30 000 euros pour ouvrir son restaurant, une fr




