Pour former de bons employés, quoi de mieux que de biberonner la bonne parole managériale dès l'enfance. Dans l'entreprise racontée aux enfants (1), le travail est un monde merveilleux illustré par de charmants dessins aux traits enfantins. On y apprend aux petits garçons et aux petites filles que, comme à l'école, il faut arriver à l'heure au bureau. Que l'on peut louper un jour de travail et avoir un mot d'excuse si on est «vraiment malade». Que travailler, c'est indispensable pour gagner sa vie. «C'est intéressant de travailler, raconte un petit clown vert sorti de sa boîte, on rencontre des gens, on apprend, on est même libre d'inventer son travail et de créer sa propre entreprise.» Et le livre de rappeler qu'il existe même des gens pour qui le travail est «un plaisir (mot souligné en gras, ndlr)». Serait-ce, dès la maternelle, une réhabilitation de la valeur travail, soi-disant écornée par les 35 heures et sapée par le mauvais esprit de nouvelles générations? L'une des trois auteures du livre est Sophie de Menthon, papesse de la liberté d'entreprise en France. C'est elle qui a lancé en 2003 la Fête de l'entreprise, célébration connue pour ses sondages aux résultats quasi brejnéviens. L'année dernière, 71 % des Français y disaient «aimer leur boîte». Surprise cette année: leur nombre a encore augmenté : 74 % des Français lui déclarent leur amour.
Des chiffres sortis la semaine dernière, pour mieux célébrer le 21 octobre, la deuxième édition de la Fête de l'entreprise.
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