Casablanca, envoyée spéciale.
Tous les deux ont fait le voyage à Casablanca «pour se renseigner». Ils sont chefs d'entreprise français, pas encore la quarantaine, sympathiques et sans manières. Brun et à l'humour vif, Alain (1) dirige une petite société de plomberie en Rhône-Alpes. Décolorée et volubile, Sophie (1) vend du matériel médical dans le sud de la France. Lui comme elle emploient des téléopératrices pour la prise de rendez-vous ou de commandes. Une quinzaine d'employées à eux deux. Fin septembre, ils se sont rencontrés autour de la piscine luxueuse de l'hôtel Hyatt de Casablanca, où se tenait le premier salon des centres d'appels marocains. Les grandes entreprises françaises sont absentes ou fort discrètes, effrayées de la mauvaise publicité sur les délocalisations. Les petits entrepreneurs, eux, se montrent décomplexés. «Nous sommes d'affreux délocaliseurs», rigole Alain. Il se dit de «gauche» mais n'en peut plus de gérer du personnel qui «ne veut pas travailler». «Mes téléopératrices sont toujours absentes. J'en ai une qui est en arrêt maladie depuis trois mois. J'ai tout essayé : adapté les horaires, mis un frigo, installé une terrasse pour les pauses. Rien n'y fait.» Mais avoue que ses employées ont quatre heures d'interruption non payées à l'heure du déjeuner...
Dans le sud de la France, elle se plaint des mêmes maux. Trop d'absences, trop d'arrêts maladie. «J'en ai marre de faire du social. J'ai dit à mes employées que j'allais à Casablanca. Elles m'ont demandé




