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Libération

Le Tchad veut voir la couleur de l'or noir

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Les compagnies étrangères sont accusées d'accaparer la rente du pétrole.

Publié le 20/10/2004 à 2h39

De mémoire d'expert en bisbilles internationales sur le pétrole, le coup de gueule des autorités de N'Djamena contre le consortium étranger qui exploite, depuis juin 2003, le brut tchadien est du jamais vu. Publié le 7 octobre, le communiqué signé par la présidence est d'une rare violence, annonçant la couleur dès le titre : «Arnaque, opacité et fraude du consortium.» Un véritable réquisitoire de trois pages contre les trois compagnies ­ les américains Exxon et Chevron et le malais Petronas ­ accusées par le pouvoir local de «saigner à blanc l'économie du Tchad» en dissimulant le montant exact des bénéfices engrangés. Au terme de la convention signée dès 1988, l'Etat tchadien doit percevoir 12,5 % de royalties du pétrole. Mais, visiblement, le compte n'y est pas pour les autorités locales. Arguant de discussions en cours, le consortium refuse, pour le moment, de commenter l'affaire.

Union sacrée.

Il y a un peu plus d'un an, le président Idriss Déby inaugurait en grande pompe l'oléoduc qui relie les champs pétrolifères de Doba (sud du Tchad) au terminal de Kribi sur la côte du Cameroun. Cette manne pétrolière nourrit les espoirs de l'un des pays les plus pauvres de la planète. Pour échapper à la malédiction qui veut que le brut soit synonyme en Afrique de guerre civile et de prévarication, le Tchad a accepté de mettre en place, avec l'aide financière et technique de la Banque mondiale, un dispositif inédit de gestion de la rente. Sur ces sommes engrangées, 90 % sont consacrées

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