Vincent, 33 ans cadre à Paris
«C'est un gag quand tu as une sensibilité de gauche»
«J'ai la curieuse impression d'être devenu patron d'une PME. J'emploie une femme de ménage et trois gardes d'enfant : la première nounou est partie en congé maternité et ne souhaite pas revenir, la deuxième, en CDD, assure "l'intérim" et la troisième vient de signer son CDI. Tout est dans le recrutement : j'en vois une dizaine, et une fois ma short list établie, j'appelle les ex-employeurs. La rédaction du contrat de travail est très précise : "Donner à manger à Emilie, faire la vaisselle d'Emilie..." Je ne lui précise pas de vider la baignoire de ma fille quand elle a pris son bain, mais c'est tout juste. En revanche, gérer un congé maternité, c'est un cauchemar. Non seulement il faut jongler avec son gamin, mais en plus se taper le code du travail. Etre employeur à domicile, c'est un running gag quand tu as une sensibilité de gauche. Ça tourne parfois au ridicule, comme le jour où j'ai choisi de payer les charges sociales sur le salaire réel de ma baby-sitter (un peu plus élevé que le Smic) plutôt qu'au forfait (basé sur le Smic) : ça lui fera 0,01 centime de retraite en plus. Purement symbolique, mais ça m'a donné bonne conscience.»
Anne, 60 ans retraitée à Bordeaux
«Je nettoie les vitres avant qu'elle arrive»
«Il y a une tyrannie de la femme de ménage. La mienne refuse d'emblée certains travaux. Elle ne fait pas les carreaux, car elle a mal à l'épaule. Elle accepte très mal les poils de chien e




