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Libération

A Dakar, on débauche à 17 heures.

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Au Sénégal, où 92% des habitants sont musulmans, les entreprises adoptent la journée continue.

Publié le 08/11/2004 à 2h55

Dakar, de notre correspondante

Durant le ramadan au Sénégal, même les horaires des embouteillages, à la sortie du travail, sont bouleversés : traverser Dakar vers 19 h 30 est un jeu d'enfant en cette période alors que d'habitude les rues sont congestionnées. La plage est elle aussi quasi déserte : d'ordinaire, des centaines de sportifs s'y entraînent quotidiennement... Le soleil se couche, et les Sénégalais sont à la maison pour rompre le jeûne : café, quinkéliba ­ boisson chaude locale­, pain, beurre et dattes sur la table. Quelques minutes plus tôt, ils étaient, nerveux, dans les voitures et dans les ndiaga ndiaye (transports en commun), avertisseurs appuyés pour que l'embouteillage disparaisse vite et qu'ils puissent arriver à temps.

Il est 14 h 30, le soleil tape sur la tête de Libasse, un maçon de 22 ans. Avec sa casquette sur la tête et le débardeur trempé de sueur, il travaille sur un chantier de Yoff, un quartier près de l'aéroport. «C'est trop dur pour nous sous cette chaleur, mais c'est comme ça, on ne peut pas faire autrement. C'est dangereux de faire ce travail en ayant faim et soif mais quand on est habitué, on ne risque rien.» Non loin de lui, Mamadou Ndiaye passe avec sa charrette remplie de bois, d'une caisse d'huile et du sucre, l'une des denrées les plus consommées en cette période. Les lèvres sèches et la voix faible, Mamadou a avancé ses horaires de travail. Il finit deux heures plus tôt vers 17 heures pour être à temps chez lui. Libasse, lui aussi, rentre

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