Washington de notre correspondant
Que le dollar parte en vrille au lendemain de l'élection du 2 novembre n'a pas surpris grand monde aux Etats-Unis. Pendant la campagne, sur la question des grands équilibres économiques, le conservateur n'était pas, pour une fois, George W. Bush, mais John Kerry. Comme l'a remarqué le candidat démocrate lors d'un des débats présidentiels, Bush «a créé plus de dette publique en quatre ans que pendant la période allant de George Washington à Ronald Reagan». Les mois qui viennent n'annoncent aucun retour à la discipline : «Si vous mettez bout à bout la guerre en Irak, la pérennisation des baisses d'impôts et la réforme de la sécurité sociale, rien n'annonce une réduction franche du déficit budgétaire», commentait hier un diplomate européen.
Le laxisme budgétaire est considéré comme la principale source de la faiblesse du billet vert : le dollar baisse parce que les Américains ont, vis-à-vis du monde, un déficit courant énorme auquel l'Etat fédéral contribue en vivant au-dessus de ses moyens. «Le président Bush a annoncé qu'il allait réduire de moitié le déficit en quatre ans, mais personne ne croit cela possible», explique Alex Beuzelin, analyste à la société financière Ruesch International.
La question est donc désormais : jusqu'où ? Pendant le premier mandat de Bush, le dollar a perdu 20 % de sa valeur. Peut-il aller encore beaucoup plus bas sans déclencher de crise de confiance ? Les autorités américaines semblent se satisfaire très bien de la




