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Le «tourisme social» letton irrite les ouvriers suédois

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A Stockholm, les syndicats font pression sur une entreprise balte refusant de pratiquer les salaires locaux.

Publié le 07/12/2004 à 3h21

Stockholm de notre correspondant

Une douzaine d'ouvriers lettons du bâtiment travaillant à la construction d'une école communale au nord de Stockholm se retrouvent au centre d'une polémique qui oppose les gouvernements letton et suédois. Riga a convoqué l'ambassadeur suédois et menace de saisir Bruxelles. C'est le premier conflit ouvert avec un pays balte, conséquence de l'élargissement de l'Union européenne.

Depuis un mois, Byggnads, la fédération suédoise des ouvriers du bâtiment, a lancé un mot d'ordre de blocage du chantier, interdisant à tous ses adhérents d'y intervenir. «Depuis le mois de juin, nous avons tenté de convaincre la société lettonne L & P Baltic de signer les accords collectifs suédois, explique Rickard Hellmark, secrétaire local du syndicat. La seule réponse que nous avons obtenue de l'entreprise est qu'elle est signataire de la convention collective en Lettonie. Mais nous sommes en Suède. Nous ne sommes pas contre la concurrence des travailleurs étrangers, mais ils doivent travailler aux conditions suédoises.»

Salaire confortable. Byggnads réclame également que les conditions de salaire suédoises soient respectées, à savoir 145 couronnes (16,30 euros) de l'heure pour la région de Stockholm, soit un salaire mensuel de 2 680 euros. Or les Lettons touchent environ 1 500 euros. La signature des accords suédois représenterait un sérieux gain mensuel, mais les ouvriers lettons, «pris en otages», font remarquer qu'ils sont nourris, logés et transportés gratuitemen

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