Lépanges-sur-Vologne, Epinal
envoyée spéciale
Dans la pénombre de l'atelier, deux ouvrières scrutent à la loupe chaque centimètre carré de tissu. Un gris profond, qui sera envoyé chez Zara ou Ralph Lauren. Le moindre fil tiré, la moindre imperfection est notée sur un répertoire. «La concurrence est tellement rude qu'on doit être au top en permanence et savoir répondre le plus rapidement possible aux commandes», explique Patrick Pierron, directeur général des Etablissements Decouvelaere. Dans cette PME de 93 salariés, installée depuis le XIXe siècle à Lépanges-sur-Vologne, un petit village des Vosges, la concurrence mondiale, surtout chinoise, est une réalité quotidienne. Pourtant, la fin annoncée au 1er janvier des quotas textiles (lire ci-contre) n'inquiète pas excessivement le patron de l'entreprise, Patrick Decouvelaere. «On est en guerre depuis tellement longtemps, qu'une bataille de plus...»
Le vrai tournant remonte à 2002. «La Chine est entrée presque par surprise à l'OMC, raconte-t-il. Personne n'était préparé et ça a été très dur.» Entre 2001 et 2003, commandes et production s'effondrent de 53 000 à 41 000 tonnes d'écru (le tissu brut qui ensuite sera teint et travaillé avant de pouvoir être transformé). Une dégringolade qui s'accompagne d'une baisse des prix et de la fermeture d'usines.
Ce n'est pas la première fois que le textile vosgien souffre. Au début des années 80, la concurrence de l'Asie du Sud-Est et du Maghreb avait déjà entraîné une division par dix de l'empl




