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En Alsace, un fonctionnaire face à un management de folie

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Publié le 11/01/2005 à 23h32

C'est une histoire de fous. Une histoire de harcèlement moral au travail dans la fonction publique territoriale qui dure depuis 1988. C'est l'histoire d'un maître nageur à qui son employeur, la mairie de Saverne (Bas-Rhin), avait fait des promesses d'évolution professionnelle. Promesses jamais tenues. A partir de ce moment-là, l'histoire d'Etienne Schmitt perd toute mesure. De «placardisation» en internement psychiatrique, de congés longue maladie jusqu'à une révocation de la fonction publique, son trajet illustre l'impasse dans laquelle aboutissent les fonctionnaires qui s'estiment victimes de harcèlement moral. Car la loi du 17 janvier 2002 qui condamne ces pratiques, y compris dans la fonction publique, semble assez inopérante (lire ci-dessous). Le texte laisse la place à un règlement brutal des situations par décisions des «comités médicaux», instances départementales chargées d'évaluer l'aptitude des fonctionnaires et pouvant se transformer en «machines à exclure».

Guerre de tranchées. Maître nageur, Etienne Schmitt, recruté en 1988 par la mairie de Saverne, est rapidement titularisé. Mais sa promotion au poste de chef du service des sports de la ville n'arrive jamais. Un litige qui pourrait se régler en quelques réunions vire en guerre de tranchées, selon Adrien Zeller, président UMP de la région Alsace et, à l'époque, maire de Saverne. «Nous avons essayé de l'intégrer aux équipes, se défend l'élu. Mais il refusait toute collaboration, toute autorité.»

L'arsenal juridiqu

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