Washington de notre correspondant
Lassé d'être présenté comme le grand méchant groupe qui cannibalise le petit commerce, tue ses fournisseurs, creuse le déficit commercial avec la Chine, exploite ses salariés, recourt à des immigrés illégaux, muselle les syndicats, ferme les yeux sur le harcèlement sexuel, paye les femmes au lance-pierres ou enferme à clé des employés toute la nuit, Wal-Mart a décidé de se défendre dans une campagne de publicité de plusieurs millions de dollars. Le groupe a publié jeudi, dans une centaine de quotidiens américains, une pleine page de pub avec pour slogan : «Wal-Mart travaille pour tous, certains de nos détracteurs ne travaillent que pour eux-mêmes.» Suit une lettre du patron, Lee Scott, pour vanter les pratiques sociales du groupe : «Cette année, nous projetons de créer 100 000 emplois aux Etats-Unis...» En pied de pub, six employés, aussi beaux et multicolores que dans une pub pour Benetton, affichent une mine socialement réjouie. Le groupe a même mis en place un site web (1) consacré au rétablissement de la «vérité», et son patron passe depuis deux jours d'un plateau de télé à l'autre.
Prix écrasés. Ce qui surprend, c'est le ton de la campagne. Lee Scott ne se contente pas de dresser le «vrai» bilan social du groupe, il s'en prend aux «intérêts spéciaux» essentiellement les syndicats qui «inventent leurs propres faits» et «présument à tort qu'ils savent». Le numéro 1 mondial de la distribution (avec 265 milliards de dollars de ventes) est




