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Libération

Valse argentine autour de boîtes françaises

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Le Président vient à Paris chercher des investisseurs alors que le pays sanctionne les filiales d'EDF et Suez.

Publié le 20/01/2005 à 23h47

Buenos Aires de notre correspondant

Après s'être fait renvoyer de Bolivie, l'entreprise Suez va-t-elle être contrainte de claquer la porte de l'Argentine ? Il y a quelques jours, lors d'un meeting devant les militants péronistes, Nestor Kirchner, le président argentin, a haussé le ton et menacé Aguas Argentinas (filiale à 46 % de Suez) de rompre le contrat qu'elle détient depuis 1993 pour l'assainissement et la distribution de l'eau dans le Grand Buenos Aires (10 millions d'habitants) : «C'est le moment d'investir pour que tous les Argentins aient accès à l'eau courante. S'il le faut, je prendrai les décisions qui s'imposent contre ceux qui ne remplissent pas leurs promesses.»

Amendes. Au début de cette semaine, le couperet est tombé. Aguas Argentinas, mais aussi Edenor, filiale argentine d'EDF, sont condamnés à des amendes respectivement de 500 000 euros et 100 000 euros. A payer dans les dix jours avec un rappel des pénalités impayées qui, dans le cas d'Aguas Argentinas, atteignent 15 millions d'euros.

Cette crise couve depuis trois ans. La dévaluation de la monnaie argentine de 70 % début 2002 a plombé les comptes des multinationales endettées en dollars (600 millions, pour Aguas Argentinas) et dont les tarifs sont congelés depuis trois ans. Le gouvernement argentin a proposé par exemple à Aguas Argentinas une augmentation de 15 % du prix de l'eau alors que l'entreprise réclame 60 %. Il exige aussi que l'entreprise française retire sa plainte contre l'Argentine devant le tri

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