C'est un symbole des dérives des brevets sur le vivant qui s'effondre. Les restrictions accordées par l'Office européen des brevets (OEB), mercredi, sur deux brevets détenus par la firme américaine Myriad, dans le domaine du cancer du sein et de l'ovaire, sont «une victoire de l'éthique et de la santé publique», affirme Dominique Stoppa-Lyonnet, chef du service d'oncogénétique de l'institut Curie. Après la révocation complète en mai d'un premier brevet détenu par Myriad (Libération du 20 mai 2004), l'OEB a donc satisfait presque à 100 % les revendications d'une série d'organismes européens emmenés par Curie, l'institut Gustave-Roussy et l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Tous inquiets des conséquences de ces brevets sur la qualité de la recherche sur le cancer du sein.
«Abus de monopole». Déposés en Europe en 2001, les brevets de Myriad sont emblématiques des problèmes posés par le brevetage du vivant : à partir de l'identification d'un gène de prédisposition au cancer du sein, la firme revendiquait un monopole sur le diagnostic, vendait ses propres tests très cher et demandait même l'envoi des échantillons à son siège, à Salt Lake City. Des exigences qualifiées d'«abus de monopole» par Dominique Stoppa-Lyonnet, qui en souligne les conséquences : obligation d'utiliser les tests de «mauvaise qualité» de Myriad, interdiction de les améliorer et, in fine, perte de compétence pour les équipes européennes. Avec la décision de l'OEB, «on va pouvoir continuer à faire d




