Le maître d'hôtel verse un excellent vin blanc, la langouste décore joliment l'assiette. A mille lieux de l'affaire de soupçons d'importation illégale de viande britannique de décembre 2002, qui a failli coûter la peau de Buffalo Grill, Christian Picart, son patron, boit du petit-lait. A bord de son nouveau restaurant-péniche lambrissé, les Flots, quai de la Rapée à Paris, ce rescapé judiciaire qui reste mis en examen dans le dossier de 2002 s'apprête à envahir l'Amérique. «La crise est derrière nous, alors pourquoi ne pas tenter de s'implanter aux Etats-Unis, puisque notre situation est presque revenue à la normale en France ?» argumente l'intéressé.
100 % «frenchy». Outre-Atlantique, son frère, François Picart, qui bénéficie de la double nationalité, se prépare à ouvrir en Floride le premier Buffalo Grill 100 % frenchy pour le compte de la maison et pour un investissement proche de 3 millions de dollars. Il y aurait un créneau porteur sur le steak house pas trop cher : «Chez nos concurrents américains comme Long Horn, le client mange pour 40 dollars. Nous avons l'intention de lui proposer la même qualité de viande pour 20 dollars seulement. Avec un petit plus, comme une tarte Tatin bien française en dessert», raconte Christian Picart. En cas de succès, d'autres ouvertures pourraient suivre au pays du sirloin steak (faux filet).
En France, Buffalo Grill revient de loin. L'affaire de décembre 2002 avait coûté très cher au groupe, dont la famille Picart contrôle 75 % du capital




