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De Courbet à la machine Warhol

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Le travail a toujours été une interrogation esthétique.

Publié le 31/01/2005 à 0h14

Dans la catégorie fluctuante du réalisme peuvent s'engouffrer bien des formes sous lesquelles l'artiste a pu représenter le travail, le travail vu comme emprise du «réel» dans l'activité artistique. Gustave Courbet, admirateur du philosophe Proudhon, s'efforce de transposer en peinture le labeur des Casseurs de pierre (1849), des Cribleuses de blé (1855), l'activité même de son Atelier (1855). Au début du XXe siècle, l'idéologie «fonctionnaliste» du Bauhaus accouple deux termes pour n'en faire qu'un: l'esthétique industrielle. Les vertus progressistes du travail et du loisir sont exaltées en peinture par Fernand Léger, mais l'art comme travail a également droit de cité : aussi bien le travail de l'artiste et de sa petite entreprise, l'atelier, l'usine (lorsqu'il ou elle fait usiner son oeuvre), que le travail de l'art lui-même, comme théâtre de la fabrication. Aussi la conception du «réalisme» dans l'URSS naissante, présente comme un art de «production», qui «exploite les innombrables possibilités de la forme et l'immense variété des matériaux» (1921). Elle a pu en quelques années se retourner en son contraire absolu, la conception d'un «réalisme socialiste», où les moyens figuratifs de l'art sont mobilisés au service des travailleurs. Bref, la querelle du réalisme a traversé une grande partie du XXe siècle. Pendant ce temps, l'histoire de l'art a érigé le mot «production» en successeur du terme «création». L'art comme production a inscrit l'artiste dans l'édifice d'une écon

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