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Libération

Sans atelier fixe

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Publié le 31/01/2005 à 0h14

Une tête de moineau surmontant un long corps dandy-punk-chic. Au cou, un foulard Liberty. Au poignet, une grosse chaîne dégoulinant entre les doigts. Voici Gérald, deux valises bleues dans chaque main. Gérald n'a ni âge ni fonction. Sa carte professionnelle est longue comme un chapelet de sachets de bonbons multicolores : gardien-réceptionniste-surveillant, street player, DJ ­ il en vit ­, animateur de goûters, livreur, balayeur, Père Noël... Métiers imaginaires, métiers réels. «Père Noël, ce n'est pas de la fiction. Je l'ai fait pendant dix ans. J'étais dans un grand magasin, je me baladais, je rencontrais des gens. Je voulais me retrouver de l'autre côté du mythe.» De cette expérience, il a gardé le formulaire d'embauche, siglé du nom du grand magasin, écrit une parodie de «Que sais-je ?», conservé des photos, un article de presse. «Gérald a choisi d'être Père Noël parce que tranquille 364 jours par an.» Le tout est rangé dans des classeurs d'écolier à couverture de plastique. Ce sont ses sculptures à lui. «Je garde trace de tout ce que je fais.»

De ses valises pleines à craquer, il sort des milliers de petits trésors, bijoux, cravates, petites et grandes boîtes... Gérald dit ne pas être un artiste ­ «trop vaste, ça ne veut rien dire» ­ mais un «aventurier butineur» : il traverse le Japon à vélo, fait le tour de France, explore les poubelles, collecte. «Toutes ces activités spontanées sont une richesse sociale, du fait même qu'elles échappent à l'économie marchande», dit-il

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