Stockholm, de notre correspondant.
A compter d'aujourd'hui, un huitième syndicat suédois va entamer le blocus d'une école en construction à Vaxholm, au nord de Stockholm. Comme les autres centrales, HTF, un syndicat de cols blancs, interdit à ses adhérents toute livraison, location ou vente de matériel ou de services à l'entrepreneur letton Laval un Partneri qui refuse de signer les accords collectifs suédois, au prétexte qu'il est déjà signataire de ceux en vigueur en Lettonie, autre pays de l'UE. Depuis cet automne, ce modeste chantier s'est transformé en champ de bataille politique où se joue la survie du modèle suédois.
Tarifs. Toute la social-démocratie suédoise, jusqu'au Premier ministre, est mobilisée comme jamais. Avec en toile de fond : le projet de directive sur les services, piloté par le très libéral commissaire européen Frits Bolkestein. Le texte s'articule autour du PPO, ou principe du pays d'origine, qui permettrait aux entreprises de l'UE de proposer leurs services aux tarifs et aux conditions, non pas du pays d'accueil mais du pays d'origine. En clair, si cette directive avait été votée, l'entreprise lettone pourrait très bien ne pas respecter les accords de branche suédois.
La fédération des ouvriers du BTP avait ouvert les hostilités dès octobre, après le refus de Laval de signer ces accords, ce qui les aurait obligés à fortement augmenter les salaires. Depuis, d'autres syndicats, électriciens, transporteurs, ont lancé des blocus de solidarité. Fin décembre,




