L'inauguration, samedi matin par Jacques Chirac, du 42e Salon international de l'agriculture s'annonçait sans accroc à la porte de Versailles. Mais les enjeux cachés derrière cette brillante vitrine de l'élevage et de la bonne bouffe bien de chez nous n'en représentent pas moins des risques électoraux potentiels pour le président de la République. Jean-Michel Lemétayer, le patron de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA, majoritaire) en est convaincu à l'issue d'un tour de piste effectué récemment dans les régions : le monde paysan, hostile dans son ensemble à la réforme très complexe de la politique agricole commune (PAC) adoptée en 2003, pourrait bien voter majoritairement «non» lors du prochain scrutin référendaire sur le texte constitutionnel européen.
C'est embêtant pour Jean-Michel Lemétayer, qui s'est déjà prononcé pour le «oui» à titre personnel, contre sa base, et qui doit jouer, en mars prochain, sa réélection à la tête du syndicat. Le fait qu'il soit seul candidat à sa propre succession et le départ annoncé de Dominique Chardon, éternel numéro deux de la maison et rival potentiel, devraient contribuer à la réélection de l'actuel patron de la FNSEA. Mais l'éventuelle faiblesse de son score pourrait traduire une profonde crise de confiance qu'une majorité d'agriculteurs tricolores traverse vis-à-vis de l'Europe à vingt-cinq.
Cette défiance des paysans, c'est embêtant aussi pour le président de la République, l'incontestable champion tric




