Groutville (Afrique du Sud), envoyée spéciale.
Sur la route qui longe la côte est de l'Afrique du Sud, les complexes hôteliers poussent comme des champignons. «Tout cet espace était occupé par des champs de canne à sucre, à perte de vue», commente Jayne Ferguson, de l'association des producteurs de sucre sud-africains. La canne à sucre ne rapporte plus en Afrique du Sud. Et les 50 000 petits producteurs (80% des cultivateurs du pays) qui en tirent un revenu ne savent plus à quel saint se vouer. En tout cas pas à la France, premier exportateur européen de sucre. Pas non plus à l'Union européenne, prête à tout pour conserver son régime sucrier et qui, en début d'année, a fait appel de la condamnation par l'OMC des subventions qu'elle verse aux exportations sucrières.
L'Europe dénoncée. De nombreux pays du Sud reprochent à l'Europe de tirer parti de son système sucrier pour vendre une partie de ses excédents sur le marché mondial. De même, ils contestent le système de relations privilégiées qu'entretient l'Europe avec certains pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), dont l'Afrique du Sud n'est pas bénéficiaire. L'Europe importe des ACP 1,6 million de tonnes de sucre à tarif préférentiel, qu'elle s'empresse de transformer et d'écouler sur le marché mondial grâce à ses subventions à l'exportation.
Le KwaZulu-Natal, dont la capitale est Durban, est la région traditionnelle des plantations de canne à sucre. C'est aussi la région du pays la plus touchée par le sida. Et les petits prod




