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La Suède apprend à buller

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Stockholm a mis en place un système de congé sabbatique rémunéré. Les postes libérés par les salariés vont aux chômeurs. Objectif: réduire le stress et les arrêts maladie en forte augmentation.

Publié le 14/03/2005 à 0h57

Stockholm de notre correspondant

Du temps libre, du temps libre ! Depuis le 1er janvier, les Suédois se ruent sur le congé sabbatique. Sous la pression des Verts qui le soutiennent au Parlement, le gouvernement social-démocrate ­ peu adepte de la réduction du temps de travail à la française ­ a mis en place un système qui permet aux salariés (ayant deux ans de CDI) de prendre de trois à douze mois de congé sabbatique indemnisé à hauteur de 85 % des allocations chômage (1), tout en étant remplacé par un sans-emploi. Priorité est donnée aux chômeurs de longue durée, aux immigrés et aux handicapés. Durant ce congé sabbatique, les Suédois peuvent faire à peu près tout ce qu'ils veulent : se consacrer à leurs loisirs, à leur famille, voyager, mais aussi suivre une formation ou créer leur propre entreprise. Seule limitation : ils ne peuvent prendre un emploi salarié. Le gouvernement avance toutefois prudemment. Il a limité à 12 000 le nombre de places disponibles pour cette année. Ouverts dès octobre 2004 pour les candidats, les guichets de l'AMS, l'ANPE suédoise, avaient reçu 27 000 dossiers au 1er janvier 2005. Parmi les postulants, plus de la moitié a plus de 50 ans, deux tiers sont des femmes et plus d'un tiers (31 %) est employé dans le secteur de la santé. 6 400 ont déjà entamé leur congé.

Engouement. Le gouvernement avait déjà expérimenté la formule dans une douzaine de communes depuis 2002 : ce test a montré que les candidats à l'année sabbatique (neuf à dix mois en moyenne)

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