Washington de notre correspondant
Le déficit commercial américain a atteint 58,8 milliards de dollars (44 milliards d'euros) en janvier, second plus haut niveau de son histoire après le record de novembre 2004 (59,4 milliards de dollars). La semaine dernière, le gouverneur de la banque centrale, Alan Greenspan, a minimisé les risques que font courir les déficits extérieurs : «L'histoire suggère que les déséquilibres des paiements courants seront désamorcés avec un risque modeste d'accident.» Le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Rodrigo Rato, s'est montré plus inquiet, estimant que le déficit courant américain est «insoutenable à terme» et que sa réduction nécessiterait «un effort international». Ancien chef économiste du FMI, Ken Rogoff, professeur à Harvard, fait partie des alarmistes.
Un paradoxe est dans l'air du temps : le déficit commercial américain refléterait la forte croissance de l'économie et serait finalement quelque chose de positif...
En défendant cette thèse, certains économistes cherchent à attirer l'attention des médias, mais ils sont une minorité. Tous les autres s'accordent à considérer que le déficit rend les Etats-Unis et le monde vulnérables. Son existence pèse sur les finances mondiales et risque de déboucher sur une chute du dollar, une hausse des taux d'intérêt, les difficultés sur les marchés émergents et, potentiellement, une récession globale. C'est le principal problème du moment. Ce déficit reflète le fait que les Américains, dans l




