Washington de notre correspondant
Les Européens et les pays du Sud ont avalé la couleuvre sans bruit. Après une visite en Europe, prévue mercredi, Paul Wolfowitz, numéro 2 du Pentagone, devrait être adoubé par le conseil d'administration de la Banque mondiale qui se réunit jeudi. Personne n'est enthousiaste à l'idée de voir arriver à la présidence de l'institution le plus dur des «faucons» de l'administration américaine, mais la crainte de se mettre à dos la Maison Blanche est plus forte.
Les pays du Sud, qui avaient proposé l'an dernier leurs propres candidats lors de la discussion sur la nomination du nouveau directeur du FMI (un Européen par tradition), n'ont pas osé intervenir, cette fois, dans le processus. Très rares sont les gouvernements européens que le choix de Wolfowitz a réjouis. Mais personne, et surtout pas la France, ne veut prendre l'initiative de relancer une dispute. Par ailleurs, plusieurs pays poussent des candidats à des postes internationaux, et ne veulent pas gâcher leurs chances. La Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Norvège guignent le poste d'administrateur du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement), tandis que Paris cherche à propulser Pascal Lamy, ex-commissaire européen au Commerce, à la tête de l'Organisation mondiale du commerce.
Pour sauver les apparences, les Européens ont «convoqué» Wolfowitz : il rencontrera leurs ministres des Finances ou du Développement mercredi. L'UE a également demandé à ce qu'il nomme un vice-président




