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Banque mondiale. L'Europe résignée.

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Les Européens ont approuvé la nomination de Paul Wolfowitz à la tête de l'institution. Et attendent une compensation.

Publié le 31/03/2005 à 1h17

à Bruxelles, à Washington

Lorsqu'une pilule est amère, il ne faut pas l'avaler, ou alors le plus vite possible, pour grimacer moins longtemps. Les Européens, qui ont donné hier leur bénédiction au choix de Paul Wolfowitz, actuel numéro 2 du Pentagone, pour la présidence de la Banque mondiale, ont choisi la seconde option. Après avoir rendu une visite de politesse à l'UE, hier à Bruxelles, l'idéologue néoconservateur, architecte de la guerre en Irak, devrait être confirmé sans problème par le conseil d'administration de la Banque, qui se réunit aujourd'hui.

Les Européens attendent en retour un peu de considération : «Nous devons nous assurer que les Européens seront mieux représentés à la direction générale de la Banque», a déclaré hier le président en exercice de l'Union, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Au nom des Vingt-Cinq, il a également insisté sur la nécessité de fonder le travail de la Banque sur les «objectifs du millénaire», un programme qui ambitionne de réduire de moitié la pauvreté dans le monde d'ici à 2015.

Devant les gouverneurs européens de la Banque mondiale (principalement les ministres européens du Développement ou des Finances), Wolfowitz a assuré qu'il consulterait fréquemment l'Europe, dont il a loué les efforts pour l'aide au développement. Mais il ne s'est engagé à rien. Il a seulement annoncé qu'il comptait s'entourer d'une équipe «véritablement multinationale». «J'ai l'intention de rechercher les meilleurs talents partout dans le

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