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Libération

«On nous disait que tout allait bien»

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Les salariés du site de «Smartville», en Moselle, n'ont rien vu venir.

Publié le 02/04/2005 à 1h25

Hambach (Moselle), envoyé spécial.

Vendredi, 13 h 30, à l'entrée de «Smartville», près de Hambach en Moselle. C'est le changement d'équipes. Les voitures défilent dans la rue de la Qualité, qui mène à la porte principale de l'«usine-tournevis» en forme de croix blanche où 850 salariés assemblent les minivéhicules urbains bicolores. Presque toutes sont conduites par des hommes vêtus de polos bleu clair siglés «Smart». Ils pénètrent dans le site inaccessible à la presse, empruntant les artères qui irriguent l'entreprise et sa galaxie de sous-traitants : route du Dynamisme, boulevard de la Mobilité, rue de la Flexibilité... Les ouvriers tombent des nues en apprenant les suppressions d'emploi annoncées le matin par DaimlerChrysler. Les délégués syndicaux sont injoignables. C'est le moment que choisit le directeur général de Smart France, Klaus Fischinger, pour se livrer à une explication de texte interne.

«Aucun stress». A la sortie de la réunion, les ouvriers pressent le pas. La plupart refusent de répondre. Chez Smart, les gens sont discrets et surveillés. Jusqu'aux toilettes. Le 7 mars, Klaus Fischinger et l'ancien directeur des ressources humaines de Smart France ont été condamnés chacun à 2 500 euros d'amende après la découverte, en 2004, d'une caméra cachée dans les toilettes de l'entreprise. Un ouvrier finit par lâcher qu'«au niveau de la société rien ne bouge». «Aucun stress», confirme un autre. Mais un troisième hurle par la fenêtre de sa voiture qu'il va «profiter de cet

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