Le plan de relance de Carrefour n'a pas l'air de provoquer l'allégresse de ses petits porteurs, malgré des promesses de croissance à deux chiffres des bénéfices pour 2006-2008 et l'assurance que les 216 hypermarchés français du groupe vont mieux que l'an passé. Hier, lors de l'assemblée générale des actionnaires de la maison, Luc Vandevelde, le président du conseil de surveillance, et José Luis Duran, le patron du directoire, ont eu beau faire, les petits porteurs sont restés de marbre. «Vous venez de virer Daniel Bernard, mais vous n'avez pas de vrai projet !» a fait mine de s'étonner Louis Bulidon, un petit actionnaire particulièrement accrocheur et habitué de ces grand-messes financières.
Louis Bulidon et les autres petits porteurs présents hier au Carrousel du Louvre à Paris dont certains sont salariés du groupe et se sont récemment mis en grève nationale pour protester contre la faiblesse de leur pouvoir d'achat n'étaient pas au bout de leur étonnement. La révélation surprise des conditions du départ de l'ancien PDG, Daniel Bernard, a suscité une vague de stupéfaction et quelques cris. Car, selon Luc Vandevelde, qui n'a pas manqué de torpiller son prédécesseur, l'ancien patron de Carrefour a touché le supergros lot en quittant en février le numéro 2 mondial de la grande distribution: 29 millions d'euros d'un coup sur les 34 millions auxquels il avait droit au titre d'un plan de retraite dorée convenu à l'avance. De mémoire de spécialistes, c'est du jamais-vu. D'autan




