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Libération

L'échalote française fait pleurer sa rivale

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La concurrente néerlandaise n'a pas été reconnue par la Cour européenne de justice.

Publié le 27/04/2005 à 1h56

Sonnez trompettes, préparez le vinaigre et les bourriches d'huîtres : le gros millier de producteurs français d'échalotes dites «de tradition» vient de remporter une bataille européenne qu'il voudrait décisive contre un méchant semencier néerlandais qui prétend usurper l'identité et les qualités gustatives de cette liliacée. Car, dans le secret de ses labos, De Groot en Slot-Bejo Zaden développe depuis des années une échalote dissidente de son cru : une variété dite «de semis», bien meilleur marché à produire que l'échalote de chez nous. Il suffit d'en semer les graines pour récolter les bulbes alors que, selon la manière française, il faut se donner la peine de planter un bulbe en terre.

Dieu merci pour les échalotiers français, De Groot en Slot vient de tomber sur un os : le 21 avril, la Cour européenne de justice, à Luxembourg, a rendu un avis négatif à l'inscription des échalotes «de semis» néerlandaises au catalogue européen des semences et des plants. Au motif qu'il ne s'agirait pas là de véritables échalotes.

Bagatelle. Du coup, De Groot en Slot se voit interdire la commercialisation des bulbes sous l'appellation échalote. «Il a fallu cinq ans pour obtenir cet avis mais c'est une grande victoire pour nos échalotes de tradition», triomphe Pierre Bihan-Poudec, le très influent président de la Section nationale échalote. Qui ne ménage ni ses efforts, ni ceux des scientifiques de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), embauchés sous son étendard pour donner

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