Un vent de panique a soufflé hier soir à Paris, au siège de la prospère Confédération générale française des planteurs de betteraves (CGB). Et aussi à Bruxelles, au siège de l'Union européenne. Et pour cause : l'Organisation mondiale du commerce (OMC), arbitre des différends commerciaux internationaux, venait de rendre son verdict sur les subventions accordées par l'Union à ses producteurs de sucre. Un verdict sans appel dont les conséquences s'appliqueront au 1er juillet 2006 : cette fois, les centaines de millions d'euros d'aides variées versées aux riches sucriers français ou à leurs homologues allemands sont déclarées «illégales» et définitivement interdites.
Plainte déposée. L'OMC a finalement donné raison à l'Australie, au Brésil et à la Thaïlande, trois des principaux producteurs mondiaux de sucre, qui avaient déposé plainte en août 2003, au motif que les subventions européennes à l'exportation faussaient la concurrence et portaient sur des quantités plus importantes que celles qui étaient alors officiellement déclarées.
«Cette décision est totalement incompréhensible, commentait hier soir Alain Jeanroy, directeur général de la CGB. L'OMC, qui n'y avait jusque-là rien trouvé à redire, nous accuse d'avoir menti sur le niveau réel de nos exportations et elle nous punit pour cela.» L'Union européenne a «regretté» la décision de l'OMC, et a estimé avoir fait preuve de «bonne volonté» en réduisant d'elle-même sa production sucrière de 72 %, selon les chiffres de Bruxelles, q




