Strasbourg de notre correspondant
Une audience à Haguenau, une autre à Mulhouse. C'est tout. Hier, les 220 conseillers prud'homaux salariés d'Alsace ont lancé, à l'appel des syndicats CGT, CFDT, Unsa et FO, une grève illimitée pour protester contre la rigueur financière imposée par la cour d'appel de Colmar. Principale revendication : «Le déblocage immédiat de moyens pour rendre une justice de qualité.» A l'origine du conflit, une histoire de sous et de formulaires, sur fond de mise en place de la loi organique sur les lois de finances, expérimentée par la cour d'appel de Colmar depuis le 1er janvier. «En 2003, nous avons été informés que les 10 conseils de prud'hommes d'Alsace étaient les plus coûteux en France, explique Bruno Laplane, secrétaire général auprès du premier président de la cour. Nous avons donc établi une nouvelle feuille de présence dans laquelle les conseillers doivent indiquer pour chaque dossier le temps consacré à l'audience, au délibéré, à la rédaction du jugement...» Certains conseillers prud'homaux, dénonçant «un contrôle tatillon et obsessionnel», ont refusé de remplir ce formulaire. Depuis, leurs salaires ne sont plus remboursés à leurs employeurs lorsqu'ils siègent et ils ne perçoivent plus leurs vacations. «La cour veut régenter les conseils de prud'hommes de manière purement comptable, sans aucune concertation», estime Pierre Thomann, de la CFDT. Les grévistes, qui réclament le paiement des arriérés, n'ont pour l'heure pas obtenu d'audience auprès




