«Au pire moment.» De l'aveu général, la crise interne qui, après avoir longtemps couvé, éclate maintenant au grand jour à la CFDT d'IBM-France ne pouvait plus mal tomber. Alors qu'un plan social de près de 1 000 suppressions d'emplois y est en cours de négociation et que la direction d'IBM vient d'annoncer la suppression de 13 000 nouveaux emplois pour la «majorité» en Europe, les deux représentants du syndicat majoritaire de la filiale française et leurs suppléants viennent d'être suspendus de leurs mandats par la direction de la fédération CFDT de la métallurgie. Motif officiel, selon la direction des «Métaux» : non-respect des règles «élémentaires» de fonctionnement. Une histoire de discipline derrière laquelle se cachent en réalité deux conceptions bien différentes de la pratique syndicale.
L'un de ces représentants CFDT, Michel Perraut, opposant de longue date à la ligne majoritaire de la CFDT, pense que les salariés d'IBM n'ont rien à gagner d'un supposé «dialogue social» avec la direction : «Le syndicalisme d'accompagnement prôné par une petite minorité des adhérents CFDT chez IBM ne correspond à rien dans la logique ultralibérale qui est celle de l'entreprise.» A l'inverse, cet ingénieur, présent chez IBM depuis trente-cinq ans, éphémère président de l'Unef avant 1968, milite pour une pratique «revendicative basée sur le rapport de force», seule apte à faire reculer la direction. Avec, à son crédit, des condamnations en justice d'IBM.
Une stratégie réfutée par ses oppo




