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Libération

Buenos Aires expose sa dette au musée

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Des plasticiens ont planché sur le fléau qui mine le pays.

Publié le 14/05/2005 à 2h11

Buenos Aires, de notre correspondant.

La dette extérieure rejoint le tango et la viande grillée dans le circuit touristique de la capitale argentine. A l'initiative d'un groupe de professeurs de la faculté de sciences économiques soutenu par les services culturels de la ville, un musée est consacré à ce fléau qui empoisonne le pays depuis 1810. En l'inaugurant, le recteur de l'université de Buenos Aires a d'ailleurs été très clair sur les objectifs : «Ce musée est une extension de l'université vers les citoyens et prétend leur expliquer pourquoi notre pays souffre de la pauvreté, de la faim et de la décadence.»

Humour. Le succès de ce musée au thème a priori plutôt rébarbatif revient à un groupe de plasticiens au nom prédestiné, les Décombres, qui ont mis en scène la première exposition intitulée «La dette extérieure, jamais plus». Ces artistes sont parvenus à illustrer le gâchis argentin avec humour, sans oublier que 40 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. Ainsi, le rideau de douche de l'inflation, fabriqué avec des billets qui vont de un à un million de pesos marque la rupture entre l'espace dédié à la chronologie de cette «dette compulsive» et les salles illustrant la cohorte des symboles amers qui désolent les visiteurs. De courtes vidéos en boucle exhibent les mensonges récurrents des politiciens locaux. Une caverne des trous noirs évoque l'obsolescence des services de santé ou d'éducation, le délabrement de la justice, et surtout le fléau du chômage,

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