Grenoble, correspondance.
Le site grenoblois du géant américain de l'informatique, Hewlett-Packard (HP), le plus important du groupe en France, est toujours une ruche : plus de 2 000 salariés y travaillent, malgré deux plans sociaux massifs entre 2001 et 2004. A Grenoble, au moins 800 personnes sont parties, poussées vers la sortie par de fortes indemnités. Aujourd'hui, l'une des quatre ailes de l'immense bâtiment en croix est désertée : celle où HP avait ses laboratoires et concevait les composants électroniques de ses PC.
Quand HP a racheté en 2001 un de ses principaux concurrents, Compaq, le site a subi une mutation profonde : de fabricant, HP Grenoble est devenu une plate-forme de services. La proportion de non-cadres a chuté, presque tout le travail administratif et de production a été externalisé ou délocalisé vers l'Inde ou l'Europe de l'Est. L'usine de production d'ordinateurs de L'Isle-d'Abeau, dans le nord du département, a été vendue en 2002 avec ses 600 salariés. Elle s'apprête aujourd'hui à fermer. Enfin, la recherche et développement de l'entreprise est partie aux Etats-Unis.
A distance. «A mon arrivée chez HP en 2000, dit Eric (1), jeune ingénieur télécom, un labo produisait encore des logiciels, des sous-traitants locaux travaillaient pour nous. Le "lab" a fermé, intérimaires et sous-traitants ont été remerciés.» Seuls restent les chefs de projets HP pour gérer à distance les équipes de Bangalore, en Inde. «En ce moment, nous assemblons, à partir de matériel et




