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«Un management devenu autoritaire et contre-productif»

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Publié le 23/05/2005 à 2h16

A Grenoble

Vincent Gachet, 38 ans, a travaillé quatorze ans à Hewlett-Packard (HP) Grenoble. Entré avec un DUT d'électronique, il a fini ingénieur en électronique. En 2002, il a choisi de partir et a investi sa prime de licenciement pour créer la Brasserie artisanale du Dauphiné et la Mandrin, sa bière aux noix.

«Dans les années 80 et 90, on pouvait entrer à HP et progresser. Il y avait une culture d'incitation à la promotion interne : je ne suis resté que deux ans maximum par poste, c'était une garantie de flexibilité pour l'entreprise. J'étais ambitieux, on m'a encouragé : HP m'a payé ma formation d'ingénieur que j'ai menée sans cesser de travailler. Le type de management, consensuel et participatif, me plaisait beaucoup : on avait la sensation de pouvoir peser sur les décisions, et c'était une grosse source de motivation. Nous avions des salaires très intéressants, la sécurité de l'emploi. C'était ça, le "HP Way".

A la fin des années 90, le management est devenu beaucoup plus autoritaire, avec des exigences fortes en termes d'efficacité. Ça a été contre-productif. J'ai commencé à m'ennuyer : je n'avais plus les mains libres, aucune marge de manoeuvre. Rien de plus frustrant pour un manager que de n'être qu'une courroie de transmission. Ce changement de management m'a ôté toute illusion sur la sécurité de l'emploi. En 2001, quand HP a racheté Compaq, les centres de décision ont été transférés à Houston aux Etats-Unis, Grenoble est devenu trop coûteux et pas assez flexible pou

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