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Libération

La rigueur de Lula fait grincer ses alliés

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La gauche brésilienne dénonce les taux d'intérêt élevés qui plombent la croissance.

Publié le 31/05/2005 à 2h23

Rio, de notre correspondante.

Annoncée il y a deux mois, la décision du Brésil de ne pas renouveler l'accord qui le liait au Fonds monétaire international (FMI) depuis 1998 avait fait naître l'espoir d'un assouplissement de la politique économique du président Lula. Aujourd'hui, la gauche est déçue par son leader. Débarrassé de la tutelle du FMI, il poursuit la même politique orthodoxe. Principal mécontentement, l'escalade du taux d'intérêt de base, désormais le plus élevé au monde (19,75 %). Destinée à maîtriser l'inflation, elle est dénoncée par la gauche, les syndicats et le patronat. «C'est une politique tragique, qui accroît encore la concentration de la richesse», dénonce Joaquim Elói Cirne de Toledo, économiste centriste.

Pauvreté. De fait la hausse du taux d'intérêt de base alourdit le service de la dette et réduit la capacité d'investissement de l'Etat, déjà limitée par un excédent budgétaire draconien. Lula avait lui-même élevé cet excédent en 2003 ­ sans que le FMI ne le lui demande ­ pour apaiser la crise financière due aux craintes des créanciers du Brésil de voir la gauche arriver au pouvoir. Le ministre des Finances, Antonio Palocci (membre du Parti des travailleurs comme Lula), a prévenu qu'il serait maintenu à 4,25 % du PIB pour réduire la dette publique. Pour ses détracteurs, cette décision va à l'encontre des programmes de lutte contre la pauvreté, qui frappe 53 millions de personnes.

Découragement. Autre problème : en renchérissant le loyer de l'argent, la h

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