Gujan-Mestras, envoyé spécial.
Vin blanc et huîtres à gogo. A Gujan-Mestras comme partout sur le bassin d'Arcachon, les ostréiculteurs ont organisé hier soir un grand repas de fête. Par décision du préfet de Gironde, ils sont en effet de nouveau autorisés à commercialiser leurs huîtres après cinq semaines d'interdiction. Cinq semaines de congés forcés, et pas du tout payés. «C'est l'euphorie, s'exclamait Jean-Claude Lacoste, président du Syndicat des ostréiculteurs de Gujan-Mestras. Une semaine de plus, et on perdait la moitié de la profession. Mais maintenant il va falloir qu'on nous rende des comptes.»
Souris. Ce que les scientifiques sont pour l'instant incapables de faire selon le préfet : nul ne parvient à expliquer pourquoi les analyses réalisées par l'Ifremer, le laboratoire d'Arcachon, sont positives et relèvent une toxicité des huîtres, alors que les laboratoires de Vendée et de l'Afssa, sollicités pour des contre-analyses, n'ont pas relevé de toxicité problématique sauf pour les moules, qui restent pour l'instant interdites à la vente. Plusieurs tests biologiques sur des souris, rendus nécessaires par la présence de dinophysis (des micro-algues toxiques), avaient conduit, à Arcachon, à la mort de l'animal. Mais ailleurs les bêtes ont survécu au test. «L'Ifremer est-il vraiment fiable ?, se demande Bernard Délis, qui vend des huîtres au détail. Et pourquoi les contre-analyses n'ont-elles pas été déclenchées plus tôt ?» Des reproches à peine voilés que le préfet Alain




