Bruxelles (UE), correspondance.
L'Europe sociale divisait avant le référendum français, elle divise toujours autant quatre jours après. L'illustration vient d'en être donnée, hier, au conseil des ministres de l'Emploi et des Affaires sociales (1). Au menu : la révision de la directive sur le temps de travail dans l'Union. Enjeu principal : abolir ou non toute dérogation à la semaine de 48 heures maximum. Un combat hautement symbolique pour la France mais aussi pour le Royaume-Uni, pays de l'Union le plus friand en dérogations aux 48 heures.
Pour le Royaume-Uni, c'est donc «no». Le Premier ministre britannique l'avait déjà fait savoir. Hier, son ministre Alan Johnson l'a encore répété avec fermeté à ses vingt-quatre homologues. Le Royaume-Uni ne veut pas renoncer à l'opt out, une clause de la directive qui permet aux Etats de dépasser le plafond des 48 heures hebdomadaires prévu par la législation européenne si les travailleurs, consultés individuellement, donnent leur accord. Ce qui est le cas dans plus de 20 % de l'industrie britannique. Particulièrement visé, Londres semble donc prêt au bras de fer avec la France, la Suède, la Belgique ou encore l'Espagne et surtout avec le Parlement européen. Le 11 mai, ce dernier s'était prononcé en faveur de la suppression totale, après une période de transition de trois ans, des possibilités de dérogations individuelles au plafond de 48 heures (en échange de son feu vert à une annualisation encadrée du temps de travail). Un coup de pouce




