Rennes, correspondance.
En larmes, les 28 ouvrières de l'usine de pinceaux haut de gamme Isabey, une marque internationalement connue, ont quitté pour la dernière fois leurs ateliers, vendredi, licenciées pour «raison économique». Installée depuis 1971 à Rennes, cette usine unique fabricante de la marque au monde a fermé définitivement ses portes pour être transférée à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), où se trouve la maison mère, la société Max Sauer, et sur l'île Maurice, où cette société développe son activité.
«Ils ont commencé à démonter les machines devant nous, ils ne perdent pas de temps», s'indigne une ouvrière. «Le pire, c'est qu'on sait qu'il y a du boulot, ajoute Marie-Jo, 51 ans, embauchée à l'âge de 15 ans. Il y avait des commandes pour deux ans et, les deux derniers mois, il a fallu mettre les bouchées doubles. La vérité est qu'on nous met dehors parce qu'on coûte trop cher. Ils veulent gagner plus de fric et ils nous jettent pour aller sur l'île Maurice.»
Spéculation immobilière. Les 28 ouvrières de l'usine Isabey, dont le travail extrêmement précis et entièrement manuel exige plusieurs années d'expérience, ont toutes refusé les propositions de reclassement sur l'île Maurice, avec un salaire mensuel brut de 4 000 roupies (117 euros). Mais aussi à Saint-Brieuc, où la maison mère fabrique déjà des pinceaux et des articles de beaux-arts sous les marques Raphaël, Berge et Sennelier. «On se fout de nous, enrage Marie-Jo. Et pour aller à Saint-Brieuc, à 100 kilomètres




