Qu'on se rassure : le fameux contrat nouvelle embauche imaginé par le gouvernement Villepin et destiné aux très petites entreprises (TPE) n'est pas un contrat au rabais. Juste un «dispositif antiprécarité», destiné à «sortir le pays de la préférence collective pour le chômage», a précisé hier Renaud Dutreil. Le ministre des PME l'assure : avec ce projet, il s'agit de «libérer l'envie d'embaucher», pas le droit de virer. Et aussi de satisfaire les petits patrons, fans de ce dispositif qui leur permettra de se séparer facilement d'un salarié pendant les deux premières années de son contrat. Tous le disent en choeur, à l'image de ce dirigeant d'une petite entreprise du Val-d'Oise : «On a peur d'embaucher parce qu'on n'arrive plus à débaucher.» Jean-François Roubaud, président de la CGPME, estime que la mesure pourrait déboucher sur 400 000 embauches.
«On ne peut pas demander à la TPE d'avoir le même droit du travail qu'Elf, la BNP ou Renault», explique Renaud Dutreil, qui, pour vendre le dossier, ne ménage pas ses effets métaphoriques. Cycliste, d'abord : «Quand on apprend à faire du vélo, on a les deux petites roulettes à l'arrière. Là, c'est pareil, on a les petites roulettes pendant deux ans.» Jardinière, ensuite : «On est dans une logique de pépinières d'emplois : il y a une période d'incubation.» Les modalités précises, elles, demeurent imprécises. Le nombre de salariés cinq, dix ou vingt à partir duquel la mesure s'appliquera ? «A titre personnel, je pense comme le Pre




