Menu
Libération

Expatrié, un statut précarisé

Réservé aux abonnés

Les contrats locaux se multiplient au détriment de postes sûrs et bien payés.

Publié le 27/06/2005 à 2h44

L'expatrié, dix ans en Afrique, quinze ans en Colombie, salaire triplé et grosse villa, est-ce une figure du passé ? Quand, il y a vingt ans, on s'exilait pour dix ou quinze ans, aujourd'hui, le séjour dure entre trois et cinq ans. La mondialisation, l'Internet, le déploiement des compagnies aériennes à bas coûts et les coupes budgétaires ont changé la donne du travail hors frontières. Depuis les années 90, les contrats d'expatriation, grassement payés par les grands groupes français, ont fondu comme neige au soleil, alors que les contrats locaux, moins protecteurs, moins bien payés, se sont multipliés. Aujourd'hui, près de la moitié des Français travaillant à l'étranger (44 %) sont sous contrat local, seuls un tiers sont salariés expatriés, selon un sondage Sofres-Mondissimo.com publié au printemps (1). Les missions courtes et les voyages d'affaires ont également prospéré : les cadres sont devenus saute-frontières temporaires plus qu'expatriés sédentaires. Une tendance renforcée depuis le 11 septembre 2001. Moyen-Orient, Afrique, Amérique du Sud : de nombreux pays sont classés zones à risques pour les travailleurs européens. «De la Mauritanie au Gabon, l'environnement sécuritaire s'est dégradé dans les pays de l'Afrique subsaharienne depuis trois ans et singulièrement sur la dernière année», estime Laurent Jacquet, directeur des services d'information chez Geos, société de conseil pour la gestion et la prévention des risques. Effet Côte-d'Ivoire, paupérisation croissante du

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique