Menu
Libération

La FNSEA joue l'opération séduction

Réservé aux abonnés

Critiqués par Blair sur la PAC, les agriculteurs français veulent se faire entendre en douceur.

Publié le 01/07/2005 à 2h50

Poussée dans ses retranchements par les récentes déclarations de Tony Blair ­ Premier ministre britannique et nouveau patron de l'UE ­ sur le coût excessif et les méfaits de la politique agricole commune (PAC), la FNSEA préfère oublier ses vieux réflexes et la jouer cool et constructif. Hier, Jean-Michel Lemétayer, qui vient de demander rendez-vous à Blair, a donc lancé une campagne très «new look», loin de la culture contestatrice parfois violente du premier syndicat agricole français : désormais, c'est «opération sourire». «Nous avons prévu d'accueillir les touristes britanniques qui débarquent en France avec des sourires et des distributions gratuites de produits du terroir», explique Lemétayer, qui a semble-t-il renoncé à manifester bruyamment pour obtenir réparation.

«Sourire». L'objectif n'en est pas moins des plus sérieux : la FNSEA veut convaincre en douceur que les propos de Blair sur la PAC sont autant de «clichés» et de demi-vérités. Le syndicat conteste par exemple formellement que les 9 milliards d'euros d'aides directes reçus chaque année de Bruxelles ne concernent que les seuls agriculteurs français, soit 2 % des emplois : «En France, la PAC soutient indirectement 15 % des emplois si on compte le poids de la filière agroalimentaire ! Et puisque Tony Blair prend ses vacances dans le Gers, il doit savoir que 35 % des emplois de ce département dépendent de l'agriculture», explique Lemétayer, qui rode des arguments très factuels destinés à être martelés en version

Dans la même rubrique