Bordeaux de notre correspondant
Sommelier ? Non, oenologue. Un métier aussi méconnu que son diplôme, qui fête pourtant cette année ses 50 ans. «Le sommelier chante le vin. L'oenologue le fabrique», résume Olivier Bonneau, diplômé il y a tout juste dix jours. En 1955, un décret-loi crée la profession afin de former des techniciens capables de remédier au goût de fer que laissent les outils de production dans le vin. Cinquante ans plus tard, l'Inox a remplacé le fer dans la production, et le métier a évolué. «Au début, l'oenologue était un médecin du vin, qui devait résoudre son instabilité, les éventuels dépôts ou bactéries. Son rôle curatif a permis d'apporter plus d'hygiène dans les chais. Par la suite, il a évolué vers un rôle de conseil et de technico-commercial», explique Nicolas Guichard, président de l'association des oenologues de Bordeaux.
Un jeune oenologue peut être embauché dans une entreprise de vente de produits oenologiques comme consultant extérieur ou dans un labo. Un tiers des diplômés travaillent toutefois dans la production du vin, sur son élaboration et son conditionnement. Même si, dans les prochaines années, la filière risque de «se rapprocher du marketing», selon Nicolas Guichard. Mais, pour les puristes, la dégustation reste le coeur du métier. Une dégustation «moins hédoniste que technique», précise Olivier Bonneau, qui est tombé dans la barrique un peu par hasard, il y a deux ans, après une licence en biologie cellulaire. D'autres ont fait des études




