Si Moneo était un film, on peut dire qu'il plagie le Viager de Pierre Tchernia : le protagoniste survit, alors que tout le monde prédit (voire souhaite) sa mort. Depuis son lancement à Tours en 1999, le porte-monnaie électronique (PME) semble maudit. Après une genèse difficile, due à une bataille de normes dans les années 90, l'accouchement a été tout aussi laborieux, pour une fonction pas vraiment spectaculaire. Le PME permet de régler de petits achats, jusqu'à 30 euros, avec une réserve de monnaie virtuelle enregistrée sur la puce de la carte bleue, rechargeable dans la limite de 100 euros. Au total, le CV de Moneo n'est pas brillant : des problèmes techniques au lancement, un passage à l'euro plutôt raté, des commerçants réticents, des médias sceptiques, et, surtout, des clients indifférents. Conséquence, on tâte régulièrement le pouls de Moneo, qui vit grâce aux dotations (15 millions d'euros par an) de sa douzaine d'actionnaires : BNP, SNCF, France Télécom... Et, à chaque bilan de santé, le PME proteste, reconnaissant tout juste une constitution un peu fragile.
Puce. «Il ne faut pas oublier que Moneo est un produit jeune, justifie Olivier Méric, depuis juin directeur général de Billétique Monétique Services (BMS), la société chargée du développement du PME. Il faut lui laisser du temps. La carte bleue a mis plus de quinze ans à décoller.» Le chèque a résisté longtemps, mais a finalement été supplanté par la carte bleue, en 2002. A cette date, elle a fêté dix ans d'un ess




